Cinéma

The truth about Emanuel

9 août 2014

Par ce temps des plus lugubres, impossible d’aller faire un shoot et vu que cela faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé cinéma, c’était l’occasion parfaite. En fouinant par-ci par-là sur internet, je suis tombée sur le synopsis d’un film très tentant : The truth about Emanuel (cf : La vérité sur Emmanuel) de Francesca Gregorini, un des films sélectionnés au festival de Sundance 2013.
Ce drame retrace l’histoire d’Emanuel, une jeune fille perturbée par le décès de sa mère morte en couche. Une nouvelle voisine emménage dans la maison d’à côté. Sa ressemblance avec la défunte mère d’Emanuel est frappante et un lien se tisse entre les deux femmes. Le thriller féminin de Francesca Gregorini est interprété par un casting très attractif : Jessica Biel, Kaya Scodelario (Skins UK) et Alfred Molina.

Obsédée par la ressemblance entre sa nouvelle voisine et sa mère décédée, une jeune fille perturbée accepte de faire du babysitting pour la poupée très réaliste de cette femme d’à côté qui a elle perdu sa fille récemment. synopsis Allociné

Kaya Scodelario incarne la provocante Emanuel, un personnage perdu dans un profond malaise, dévoré par la culpabilité. Elle nourrit peu à peu une certaine obsession pour sa nouvelle voisine : Linda. L’actrice anglaise nous prouve une fois encore son talent dans l’incarnation de personnages fragiles et nuancés, un peu similaire à celui d’Effy de la série à succès Skins. Cependant, son jeu reste le même ce qui me fait dire qu’il serait peut-être temps d’aborder des rôles différents pour ne pas se retrouver cantonnée aux mêmes genres de films. Jessica Biel quant à elle joue le rôle de Linda ; cette voisine qui pouponne un jouet et qui croit dur comme fer que c’est son réel enfant. Je n’ai pas eu l’occasion de voir cette actrice dans beaucoup de films mais son interprétation dans The truth about Emanuel est, à mon avis, grandiose ! Linda est une femme consciente et relativement pleine de bon sens. Mais, un ancien traumatisme l’empêche d’avancer et provoque en elle un transfert de maternité. Son jeu est si bon qu’on y croirait presque nous-mêmes ! Alfred Molina joue le rôle du père d’Emanuel. Une personne torturée par le malaise de sa fille à surmonter la mort de sa mère. Il joue le rôle d’un homme profondément bon. Cela dit, il n’est pas très présent sur la longueur du film. Mais on aime l’acteur et pour le plaisir des yeux, on dit « MERCI MME. GREGORINI ».

The truth about Emanuel dure environ 1h30 pour une action qui se déroule sur plusieurs semaines (2 mois maximum). Film tourné de façon classique, il se constitue d’une introduction (mise en place du contexte), d’un développement (relation entre Emanuel et Linda) et d’un dénouement. Le rythme est assez lent de par l’action qui s’y déroule mais surtout grâce à la manière dont c’est filmé. Probablement pour accentuer le côté dramatique. Oui, on remarque vite l’absence de diversité au niveau du cadrage. Exception faite du plan général, seuls deux plans sont fréquemment utilisés : les gros plans et les plans américains. Ces derniers ouvrent le dialogue comme pour insister sur les relations entre les personnages et leur intensité. Ce sont des plans accentués lors des scènes où Emanuel et Linda sont ensembles. Alors que le gros plan, et là se trouve l’originalité, est utilisé que sur le personnage d’Emanuel. On montre l’aspect dramatique de ce seul personnage pour insister sur son malaise. Le spectateur se centre sur elle.

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Sometimes, when I’m on my own, I imagine myself dying. Life pouring out of me like an open tap. It creates a river of my blood. My question is: have you ever noticed me flowing by?

J’ai tiré cette citation du film car je l’ai trouvée en adéquation parfaite avec l’histoire. On y retrouve la mort mais surtout l’idée d’écoulement. L’eau. La rivière. Le sang. La mort. Sur toute la longueur du film, on entend des bruits d’eau qui s’écoule ou bien le bruit de la mer. Pourtant, la scène ne se passe pas en bord de mer. Des scènes surgissent où l’eau monte, prend possession de la scène et emporte tout. Ces moments répétitifs représentent la simple métaphore qui est le message profond de l’œuvre. On attribue à l’eau plusieurs symboles. D’abord, elle représente la vie et la mort. Elle est le voile qui sépare les deux. L’eau fraîche symbolise la vie, la jeunesse et le renouveau. Les eaux profondes symbolisent le silence, le noir qui engloutit et abrite les morts. Mais, l’eau symbolise également le rapport à la mère, car elle est mère de toutes choses. Du ciel et de la terre. Elle renvoie au bien-être et à la nourriture et aux premiers souvenirs de ces sensations : quand le bébé est encore dans le ventre de sa mère qui le nourrit et l’aime.
Cette œuvre cinématographique est donc facile à comprendre. Les métaphores y sont présentes mais servent au spectateur à analyser le message. Selon moi, le film de Francesca Gregorini traite fondamentalement du deuil et du pardon au travers de la maternité.

Un film à voir !

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