Cinéma

Maps to the stars

15 juin 2014
casting sur les marches de cannes

photo prise par un journaliste du festival de cannes 2014

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de « Maps to the stars » de David Cronenberg. Ce drame met en scène l’histoire d’une famille hollywoodienne portant un lourd secret; et d’une actrice sur le déclin, monstre d’égoïsme et dépourvue de quelconque conscience. Pour se faire, Cronenberg s’entoure d’un panel d’acteurs qui fait rêver: Julianne Moore, John Cuzak ou encore Mia Wasikowska.

<< A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide  à se réaliser en tant que femme et actrice.
La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité.
Mais alors, pourquoi dit-on qu’Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l’odeur du sang. >> synopsis par Allociné

Julianne Moore incarne à la perfection le rôle d’Havana, personnage complètement centré sur lui-même, névrosé et dépravé. On ne le dira jamais assez mais WAOW! quelle actrice! Tellement talentueuse! Quant à Mia Wasokowska, j’ai été bluffée par son interprétation d’Agatha. Je pense qu’elle a trouvé l’équilibre parfait entre la jeune femme timide et naïve et la névrosée psychotique… Evan Bird a lui aussi fournit une prestation du tonnerre dans le rôle de Benjie: gosse de 13 ans, acteur de série B et déjà ancien drogue addict. Son rôle m’a beaucoup fait penser à un insupportable Justin Bieber. Le jeu des acteurs est très réaliste et c’est ce qui permet à « Maps to the stars » d’avoir ce côté dérangeant. Une critique d’Hollywood donc pour Cronenberg! Côté plus technique, le film dure 1h30 pour une action d’environ 6 semaines (selon mon opinion personnelle), sa construction reste simple avec une introduction, un développement et une conclusion. Au niveau du cadrage, j’ai pu remarqué une forte utilisation du gros plan, ce qui m’a donnée un sentiment de proximité avec les personnages du film mais j’ai aussi ressentie une certaine violence émaner de ces images… Comme si on pouvait sentir un mal arriver. A savoir qu’en terme de cinéma, le gros plan peut être utilisé pour souligner un détail dramatique. Ici, les personnages mêmes du film. Mon sentiment de proximité par rapport aux personnages a d’ailleurs été accentué au long du film car les musiques sont rares et aucun protagoniste ne dispose d’un thème particulier. Cela m’a parfois donnée l’impression d’être avec eux, de marcher à leurs côtés. Enfin, j’ai attendu la phrase qui allait ponctuer l’oeuvre de Cronenberg comme dans « Cosmopolis » avec le fameux << Ma prostate est asymétrique >>. Et, surprise! la voici, la citation du film, phrase tiré d’un poème de Paul Eluard:

<< In my school notebook, on my desk and on the trees, on the sand and in the snow, I write your name: liberty. >>

Plus qu’une simple ponctuation, cette citation a pour moi rythmé le film mais lui a également donné tout son sens. En bref, je dirai donc que « Maps to the stars » reste fidèle au style de Cronenberg qui aime plonger le spectateur dans un sentiment de gêne et de malaise. Cette oeuvre cinématographique est tournée de la sorte qu’elle est difficile à comprendre à première vue. Selon moi, elle traite de la construction identitaire mais aussi de l’image qu’on renvoie aux autres. Par ailleurs, une map to the stars est, à Los Angeles, une carte indiquant les maisons de stars à Hollywood. Dans ce contexte, je pense plutôt que le titre du film renvoi à une route vers l’infini, bien au-dessus de la colline d’Hollywood, vers la mort. A travers « Maps to the stars », Cronenberg dépeint Hollywood comme la ville de l’enfer. Celle de l’inceste, de la consanguinité et du parricide.

Un film à voir pour tous les fan du réalisateur canadien!

 

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Translation coming in few days!

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