Cinéma

Camp X Ray

10 février 2015

Ce week-end, j’ai vu Camp X Ray de Peter Sattler et avec Kristen Stewart. Ce drame traite de la relation particulière  qu’entretient une gardienne de la prison de Guantanamo avec un de ses détenus. Pour son premier film, le réalisateur s’inscrit dans l’actualité puisqu’en ce moment, nous entendons beaucoup parler du rapport de torture de la C.I.A et, si je ne m’abuse, cela fait également quelques années que Barack Obama avait promis de fermer cette prison et dissoudre son activité.

passage-du-film

Amy Cole s’engage dans l’armée pour découvrir d’autres horizons et quitter la petite ville rurale où elle a été élevée. Timide aux premiers abords, elle apparait ensuite comme une femme motivée par son métier et indépendante. Dans ce rôle, Kristen Stewart nous livre une interprétation simple et émouvante loin de la Bella terne et dépressive de Twilight. Face à elle, on retrouve Peyman Maadi dans le rôle d’Ali Amir, détenu de Guantanamo depuis presque une décennie. Son personnage est locace ce qui le rend très attachant du point de vue du spectateur. Il essaie de nouer des liens avec Cole, peut-être pour se sentir moins seul. Une scène m’a particulière fait rire au début du film, lorsqu’on découvre Ali, supposé terroriste d’Al-Qaïda, être fan de la saga Harry Potter et devenir presque fou à l’idée de ne toujours pas avoir lu le dernier tome alors que ça fait deux ans qu’il le réclame.

<< Vous savez ce qu’il se passe à la fin du du sixième livre? Non? Moi, toujours pensé que Rogue est le méchant, ok? Puis je me suis dit non, en fait, c’est pas le méchant, c’est le gentil. Puis je lis le livre 6 et maintenant je ne sais plus quoi penser. >>

Peyman Maadi est très touchant dans ce rôle qu’il incarne sans complications, aussi vrai que s’il l’avait vécu. Son jeu rend le film réaliste. Entre eux, il y a le Caporal Randy. Il ne voit pas d’un bon oeil la relation amicale qu’entretiennent Cole et Ali. Le personnage, joué par Lane Garrison, est un macho de base. Le mec qui qui renvoie les femmes qui l’entourent à l’image d’objets sexuels. Le pauvre type qui leur claque les fesses et leur dit « de ne pas bouger » pendant qu’il fait sa petite affaire. Bref, il incarne le mec à qui tu rêves de crever les yeux avec ton couteau à pain. En somme.

Camp X Ray est un film qui bénéficie d’un rythme lent mais ça ne le rend pas ennuyeux pour autant. Au contraire, ce rythme souligne une routine sage par rapport à la violence des actes. L’oeuvre de Peter Sattler est tournée avec beaucoup de gros plans rapprochés montrant des détails de l’organisation de Guantanamo comme pour faire preuve de la routine dont sont victimes gardiens et détenus. En effet, des rythmes de vie bien strictes leurs sont imposés. Heure de repos. Heure de douche. Heure de sortie. Heure de lecture. Heure de prière.Tout est si bien réglé que ça ne laisse plus de place à la vie en soi. Enfermés et surveillés 24h/24, ils ne peuvent pas s’échapper ni se suicider. Une vraie souffrance pour les détenus. J’insiste sur le mot « détenus » qui  est très présent dans l’oeuvre puisqu’il ne s’agit pas de prisonniers à Guantanamo Bay. Les prisonniers sont protégés par la convention de Genève. Les détenus ne le sont pas. Dans cette lutte aveugle des américains contre le terrorisme, Camp X Ray est l’un des premiers films sur le sujet qui en parle de façon simple et réaliste. La pertinence de l’oeuvre la rend touchante et vraie. A travers ce film, Peter Sattler a voulu étudier les rapports humains dans un millieu extrême. D’abord avec les soldats eux-même. La tension est palpable entre humiliations et allusions sexuelles déplacées. Ensuite avec les détenus. A aucun moment leur culpabilité ou celle d’Ali est mise en avant par rapport aux actes terroristes du 11 septembre 2001. La seule valeur mise en avant à travers cette relation entre Ali et Cole est que nous sommes tous des hommes avec nos imperfections et nos erreurs. Ces détenus aussi. Ils ont une histoire, une vie.

 

You Might Also Like

2 Comments

  • Reply Ces photos sont magnifiques. Le jeu d'ombtrres et de lumières magnifie totalement le sujet. Bravo 14 février 2015 at 19 h 58 min

    Joli résumé et analyse qui donne envie d’aller voir le film

  • Reply La Voisine 20 septembre 2015 at 20 h 15 min

    Oh ce film :O je dois absolument le voir il a l’air trop cool ! joli résumé 😀

  • Leave a Reply

    Question de sécurité : * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.